Vous êtes convaincu que la Responsabilité Sociétale des Entreprises pourrait apporter beaucoup à votre petite structure, mais vous ne savez pas par où commencer ? Rassurez-vous, la RSE n’est plus l’apanage des grands groupes avec des départements dédiés. Même avec des moyens limités, une TPE ou PME peut déployer une démarche RSE efficace, à son échelle. Seule une minorité de petites entreprises a aujourd’hui formalisé une telle démarche (à peine un quart des PME/TPE déclarent avoir une démarche RSE structurée !), ce qui signifie que vous avez l’opportunité de prendre de l’avance sur vos concurrents en vous lançant dès maintenant. Suivez le guide : nous vous présentons ci-dessous les étapes clés, simples et pragmatiques, pour initier votre démarche RSE et embarquer toute votre équipe dans l’aventure.
Sommaire
- Faire un diagnostic initial de votre entreprise
- Prioriser les enjeux RSE et fixer des objectifs
- Élaborer un plan d’action concret
- Impliquer vos collaborateurs et déployer les initiatives
- Mesurer les progrès, communiquer et améliorer en continu
Faire un diagnostic initial de votre entreprise
La première étape consiste à faire le point sur la situation actuelle de votre entreprise en matière de RSE. Autrement dit, réalisez un état des lieux de vos pratiques : quelles sont déjà vos actions positives (même informelles) sur le plan social, environnemental ou éthique ? Quels sont vos principaux impacts ou points d’amélioration potentiels ? Cette phase de diagnostic peut inclure un volet environnemental (bilan de vos consommations d’énergie, de vos déchets, éventuellement un premier bilan carbone simplifié), un volet social (conditions de travail, climat interne, implication locale, etc.), et un examen de votre gouvernance et éthique (relations fournisseurs, qualité, etc.).
Dans ce diagnostic, identifiez également vos parties prenantes et leurs attentes. Vos parties prenantes, ce sont par exemple : vos salariés, vos clients, vos fournisseurs, la communauté locale, voire vos investisseurs ou partenaires financiers. Interrogez-les, même de façon informelle : un petit questionnaire auprès des employés ou une discussion avec quelques clients clés peuvent révéler ce qu’ils attendent de vous en matière de développement durable. Ces retours vous aideront à cerner les sujets RSE les plus pertinents pour votre PME/TPE.
Exemple : une petite entreprise de services informatiques commence sa démarche RSE en listant ses impacts et parties prenantes. Elle découvre que ses principaux postes d’impact environnemental sont les déplacements professionnels et la consommation électrique de ses serveurs, tandis que ses collaborateurs expriment une forte attente sur le télétravail et la réduction des déchets de bureau. Un tel diagnostic de départ oriente la suite de sa démarche.
Astuce : Pas besoin de tout faire seul ! Il existe des outils en ligne gratuits (check-lists RSE, auto-diagnostics proposés par l’ADEME ou les CCI) pour vous aider à évaluer votre situation initiale. Vous pouvez également faire appel à un conseil extérieur pour un diagnostic RSE plus approfondi, selon vos moyens. L’important est d’avoir une base de départ objective sur laquelle bâtir votre plan d’action.
Prioriser les enjeux RSE et fixer des objectifs
Une fois le diagnostic réalisé, vous aurez probablement identifié de nombreux sujets sur lesquels agir – peut-être même une liste un peu longue. Pas de panique : il est crucial de prioriser afin de rester concentré et efficace. Toutes les entreprises n’ont pas les mêmes enjeux RSE : concentrez-vous sur ceux qui sont les plus importants pour votre activité et vos parties prenantes.
Concrètement, choisissez 2 ou 3 thématiques prioritaires sur lesquelles vous allez vous engager en premier. Pour les déterminer, posez-vous des questions simples : quels sont les impacts les plus significatifs de mon entreprise ? Quels domaines d’action apporteront le plus de valeur (économique, sociale ou environnementale) si on les améliore ? Quels sujets reviennent le plus souvent dans les attentes de mes clients ou de mes employés ?
Par exemple, une entreprise du bâtiment donnera la priorité à la sécurité de ses ouvriers et à la gestion des déchets de chantier, tandis qu’une jeune entreprise du numérique se concentrera sur sa consommation d’électricité (serveurs, équipements) et sur l’égalité femmes-hommes dans ses équipes. Chaque PME/TPE a ses propres enjeux majeurs. L’essentiel est de cibler les domaines où vous pouvez avoir un impact réel et mesurable.
Une fois vos axes prioritaires définis, traduisez-les en objectifs concrets. Un objectif RSE doit être spécifique et, si possible, chiffré : par exemple « Réduire de 20% notre consommation d’énergie d’ici 2 ans », « Atteindre 100% de fournisseurs locaux ou certifiés d’ici l’an prochain », ou « Mettre en place une mutuelle santé pour tous les salariés cette année ». Des objectifs clairs vous donneront une direction et permettront ensuite de mesurer vos progrès. N’hésitez pas à voir grand sur le long terme, mais commencez par des cibles atteignables qui motiveront vos équipes.

Élaborer un plan d’action concret
Maintenant que vous savez où vous voulez aller, il faut planifier le comment. C’est le moment de bâtir un plan d’action RSE : une feuille de route qui détaille les initiatives à mettre en œuvre pour atteindre vos objectifs. Pour chaque axe prioritaire, listez quelques actions précises, en précisant pour chacune qui sera responsable, quand elle sera réalisée (échéance ou fréquence) et comment vous saurez qu’elle est accomplie (indicateur de réussite).
Par exemple, si l’un de vos objectifs est de réduire vos déchets de 30%, vos actions pourraient être : « Mettre en place le tri sélectif dans les locaux (responsable : Office manager, d’ici 1 mois) », « Trouver un partenaire local pour valoriser les déchets organiques de notre cantine (responsable : Dirigeant, d’ici 3 mois) », « Sensibiliser les employés à la réduction du papier par une formation interne (responsable : réfèrent RSE, en continu sur l’année) », etc. Le tout pourrait s’inscrire dans un plan d’action annuel par exemple, avec un suivi trimestriel.
Veillez à inclure dans votre plan quelques actions « rapides » ou visibles (les fameux quick wins) qui permettront de montrer dès les premiers mois que la démarche avance. Cela peut être quelque chose de simple comme remplacer les gobelets jetables par des mugs réutilisables, organiser un nettoyage bénévole d’un parc local, ou installer un thermostat programmable pour économiser le chauffage. Ces petites victoires concrètes vont encourager tout le monde à poursuivre dans la durée.
Formalisez votre engagement noir sur blanc : beaucoup de PME/TPE rédigent à ce stade une politique RSE ou un court document qui présente leurs engagements principaux et le plan d’action associé. Ce document servira de référence en interne, et vous pourrez aussi vous en servir pour communiquer à l’extérieur si besoin. Gardez-le simple et adapté à votre taille d’entreprise.
Impliquer vos collaborateurs et déployer les initiatives
Avoir un plan, c’est bien, le mettre en œuvre, c’est mieux – et cela passe forcément par l’humain. Dans une petite structure, les ressources dédiées à la RSE sont limitées, mais la force de la PME/TPE, c’est la polyvalence et l’entraide. Impliquez vos collaborateurs à chaque étape du déploiement.
Désignez un référent RSE ou un pilote du projet (ce peut être vous, dirigeant, ou quelqu’un de votre équipe sensible à ces sujets) pour coordonner l’ensemble. Ensuite, pourquoi ne pas créer un petit comité RSE au sein de l’entreprise : par exemple, 3 à 5 volontaires issus de différents services, qui se réuniront périodiquement pour suivre l’avancement du plan d’action. Il est souvent plus facile de demander à 5 personnes de consacrer 1 jour par mois à la RSE que de recruter un poste dédié à plein temps. Ce collectif permettra d’avoir des ambassadeurs de la démarche dans toute l’entreprise, et de garder une approche transversale. Bien sûr, assurez-vous que la direction (vous !) reste impliquée et soutienne officiellement le comité – le soutien de la direction est indispensable pour motiver tout le monde.
Parallèlement, sensibilisez et formez l’ensemble de vos salariés aux bonnes pratiques RSE. Cela peut prendre la forme d’une petite réunion d’information pour expliquer votre démarche et vos objectifs, d’ateliers participatifs (par exemple un atelier sur les écogestes au bureau, ou sur l’écoresponsabilité au quotidien), voire de sessions de formation plus poussées pour les référents de chaque service. Plus vos employés comprendront la démarche et y trouveront du sens, plus ils s’y engageront volontiers. Encouragez-les à proposer des idées, à remonter les problèmes éventuels et à être force de proposition.
Exemple : un commerce de proximité de 10 employés met en place un comité RSE incluant la gérante, deux vendeurs et un membre de l’arrière-boutique. Ce comité se réunit tous les mois pour faire le point sur les actions (réduction des emballages, partenariat solidaire local, etc.). Chaque réunion donne lieu à un petit compte-rendu diffusé à toute l’équipe, listant les progrès (par exemple : « -20% d’utilisation de sacs plastiques ce mois-ci ») et les prochaines initiatives à venir (« installation du bac de compost la semaine prochaine »). En impliquant ainsi le personnel on constate généralement une forte adhésion : les employés proposent spontanément des idées et la démarche RSE devient un projet collectif motivant plutôt qu’une tâche supplémentaire.

Mesurer les progrès, communiquer et améliorer en continu
Dernière étape – et non des moindres – assurez un suivi régulier de vos actions et résultats. La RSE n’est pas un projet figé, c’est un processus d’amélioration continue. Il convient donc de mesurer, à intervalle régulier, où vous en êtes par rapport à vos objectifs initiaux. Définissez quelques indicateurs clés (KPI) en lien avec vos objectifs : par exemple, l’évolution de votre consommation d’énergie mensuelle, le % de déchets recyclés, le taux de satisfaction des employés, le nombre d’actions solidaires menées, etc. Suivre ces indicateurs vous permettra de voir les progrès accomplis et d’ajuster votre plan si nécessaire.
N’hésitez pas à faire un bilan annuel de votre démarche RSE. Quelles actions ont été réalisées ? Lesquelles ont eu le plus d’impact ? Avez-vous atteint vos objectifs, ou devez-vous les réviser ? Ce bilan pourra déboucher sur de nouveaux objectifs pour l’année suivante, afin de poursuivre l’amélioration. Par exemple, si vous avez atteint un premier palier de réduction de 20% de vos émissions carbone, pourquoi ne pas viser encore 10% de moins l’an prochain ? À l’inverse, si un objectif s’avère trop ambitieux ou inadapté, ajustez-le plutôt que d’abandonner – l’important est de maintenir la progression.
Pensez également à valoriser vos résultats. Célébrez en interne les réussites (cela motive les troupes !), et communiquez-en externe sur vos avancées RSE. Sans tomber dans le « greenwashing », il est tout à fait légitime de mettre en avant, auprès de vos clients ou partenaires, les progrès que vous avez réalisés : par exemple via une rubrique sur votre site web, un post LinkedIn, ou une mention lors de vos rendez-vous commerciaux. Non seulement cela renforce votre crédibilité, mais cela peut aussi inspirer d’autres PME/TPE à emboîter le pas. Pourquoi pas, à terme, publier un rapport RSE simplifié ou rejoindre un label RSE PME/TPE existant, pour faire reconnaître vos efforts ?
En définitive, lancer une démarche RSE quand on est une petite entreprise, c’est avant tout faire le choix d’une amélioration continue de son entreprise. En y allant étape par étape, avec pragmatisme et sincérité, vous verrez que même une TPE/PME peut bâtir une stratégie RSE solide et en récolter les fruits.
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